Une colline déserte dans un camp de concentration

Couverture La colline sans oiseaux

 

Jean Puissant est né à la veille de la Première Guerre mondiale. Pourtant, c’est la Seconde qui marquera sa vie. Instituteur dans l’Yonne en 1939, il est mobilisé dans le 89e régiment d’infanterie. Une blessure à la hanche reçue le 5 juin 1940 le rend infirme. Il reprend l’enseignement, entre en résistance, mais est arrêté en 1943. Il sera déporté dans le camp de concentration de Buchenwald durant quatorze long mois en tant que prisonnier politique dans le block des infirmes.

Libéré en 1945, Jean Puissant prend aussitôt la plume pour nous livrer sur l’instant et sans retenue ce moment de captivité. Là où la plupart des témoignages sur les camps de concentration ne transmettent que l’horreur, Jean Puissant s’efforce de mettre en lumière quelques rares traces d’humanité. Il nous apprend par exemple la présence d’un cinéma, d’herbe et de fleurs autour du block de l’hôpital, ou de quelques discussions sur la littérature et la philosophie avec ses codétenus. Il nomme même les allées des rues, comme si le camp était en réalité une ville, sa ville pendant quatorze mois.

Mais la barbarie nazie n’est en pas moins bien présente. Comme lorsque les gardiens, si cruels envers les êtres humains, laissent tranquilles les biches des bois entourant le camp. Ou lorsqu’il décrit les longues attentes dans le froid dans les tenues rayées si tristement connues, les appels au milieu de la nuit, les morts entassés comme de vulgaires objets, les fumées sortant du crématoire ou les conditions de travail insupportables. Jusqu’à l’arrivée des Américains, de la Croix-Rouge et le retour en France.