Indulgence accordée pour le Saint-Suaire de Lirey

I 17/5 charte complète

 

Le suaire réputé avoir enveloppé le corps du Christ après la crucifixion apparaît en Champagne au milieu du XIVe siècle. Il est alors conservé dans la collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption de Lirey, fondée le 20 juin 1353 par le seigneur Geoffroy Ier de Charny. Geoffroy de Charny est au service des rois Philippe VI (1328-1350) et Jean II (1350-1364). Il trouve la mort sur le champ de bataille de Poitiers en 1356, alors qu’il porte l’oriflamme royale.

La relique fait l’objet d’un pèlerinage, comme en témoigne une enseigne en plomb datable des années 1340-1370, trouvée dans la Seine à Paris en 1855. Ce culte est notamment désavoué par l’évêque de Troyes Pierre d’Arcis (1377-1395), qui conteste l’authenticité de la relique et en appelle au pape d’Avignon Clément VII, qui lui donne raison en 1389-1390. En 1418, les chanoines confient le suaire à Marguerite de Charny qui, malgré les protestations du chapitre, le cède au duc de Savoie en 1453. Déposé dans la chapelle ducale de Chambéry à partir de 1502, la relique est transférée à Turin en 1578.

Outre le fonds du chapitre de Lirey, les Archives conservent plusieurs pièces relatives à la collégiale. C’est le cas de cette bulle d’indulgence, entrée dans les fonds départementaux en 1856. Datée du 5 novembre 1508, la bulle est signée par 27 cardinaux, qui accordent chacun 100 jours d’indulgences à ceux qui visiteront la collégiale et participeront à sa reconstruction. C’est ce contenu qui, comme pour la plupart des bulles d’indulgences, justifie une ornementation particulièrement somptueuse constituée d’une lettre initiale peinte et de deux écus aux armes du pape Jules II (d’azur au rouvre d'or aux rameaux passés en sautoir) et de Jean Huyard, doyen du chapitre de Lirey (d’argent à trois têtes d’aigles de sable, à la bordure engrêlée).

I 17/5 détail blason de la charte I 17/5 détail lettrine de la charte