Le département de l'Aube à sa création, en 1790

Carte du département de l’Aube, 1790.

 

Créé le 22 janvier 1790, notre département prend le nom de « département de l’Aube » le 26 février suivant.

 

La carte, réalisée au cours de l’année 1790, est probablement l’œuvre de Louis Brion de La Tour, ingénieur géographe du roi, actif entre 1756 et 1803.

 

Brion utilise ici la lieue commune de France, qui était de 2 282 toises, soit environ 4,5 km, ainsi que les méridiens de l’île de Fer et de Paris. Au XVIe siècle, la plupart des pays européens choisissent un méridien d’origine qui leur est propre. En 1634, à l’initiative de Louis XIII, astronomes et géographes proposent un méridien commun à tous. Celui-ci est implanté sur l’île d’El Hierro (archipel des Canaries), nommée alors l’île de Fer. Cette position permet d'indiquer des longitudes positives commodes pour toute l’Europe continentale. À partir de cette date, le méridien de l’île de Fer est utilisé en France, ainsi que par d’autres pays d’Europe (à l’exception de la Grande-Bretagne). Il coexiste, dès 1667, avec le méridien de Paris, qui le remplace en 1792. Ce dernier sera finalement supplanté par le méridien de Greenwich, en 1884.

 

En 1790, le département est divisé en 6 districts (Arcis-sur-Aube, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine, Ervy-le-Châtel, Nogent-Sur-Seine et Troyes), chacun étant partagé en 11 (dans le cas du district de Troyes), 9 ou 6 cantons (dans le cas du district de Bar-sur-Seine). Le détail de cette première division administrative révolutionnaire peut être retrouvé dans ce document mis en ligne. Conservé sous la cote L 468, ce cahier de 16 pages, en papier, présente l’intérêt de relever l’ensemble des paroisses de l’Aube en 1790 et de conserver par ailleurs les noms et les signatures des premiers représentants du département.

 

Les années suivantes verront de multiples modifications administratives. Jugé peu utile, le district sera ainsi supprimé en 1795, avant de ressusciter, en 1800, sous le nom d’arrondissement (ils ne seront plus que 5).

 

À peine connu, le partage en 53 cantons entraînera pour sa part de nombreuses plaintes : inégalités de forme, de taille, inimitiés, obstacles naturels ! De janvier à novembre 1790, le nombre des cantons passe à 61. En l’an IX (23 septembre 1800 – 22 septembre 1801), ce nombre tombe à 26, notamment pour des raisons d’économie et de réduction du nombre des juges de paix.

 

En matière de justice, au niveau du département, fonctionne un tribunal criminel, pour les affaires importantes. Le tribunal de district examine les affaires en première instance. Au niveau du canton, le juge de paix examine les délits moins graves. S’agissant des fonctionnaires ecclésiastiques qui forment le clergé, sont nommés un évêque par département, un curé par canton, un desservant par paroisse, celle-ci étant calquée sur la commune.

 

 

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