Il y a 500 ans, la peste à Troyes (1516-1522)

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Troyes et la Champagne connurent dès le VIe siècle de nombreuses et longues vagues d’épidémies de peste. Alors qu’elle avait disparu au VIIIe siècle, la maladie fait son retour en 1348 avec la grande épidémie de peste noire qui devient endémique pendant toute la fin du Moyen Âge. La population troyenne est ravagée chaque décennie du XVe siècle. En 1446-1447, on interdit aux Lorrains, susceptibles de véhiculer la maladie, d’entrer à Troyes.

L’épidémie touche à nouveau sérieusement la région en 1516-1523 et les archives du chapitre cathédral témoignent des mesures hygiénistes et de distanciation sociale qui sont alors appliquées : fermeture des écoles, expulsion des malades à la campagne, désinfection des maisons par le feu, construction de refuges, dites « maisons des champs », à proximité de Troyes. Le 8 mai 1518, des mesures sont prises pour que la procession des Rogations puisse avoir lieu sans danger (G 1281). Quelques jours plus tard, interdiction est faite à un chanoine de paraître au chapitre et aux offices parce qu’il a été en contact avec deux de ses parents morts de la peste et l’on craint la contagion pour les enfants de chœur (G 1281). Le 3 juin 1523, il est décidé de maintenir fermées les portes de la cathédrale les dimanches et fêtes par peur de la contagion (G 1282).

Ce document de 1519 détaille quelques-unes des mesures prises par le Conseil de Ville de Troyes : « s’il survient doresnavant aucuns malades de peste en ceste dite ville qu’ils n’ayent de quoy eux faire panser, l’on les mettre en la maison des champs à ce ordonnée ; et s’ils ont de quoy eux faire panser, se feront panser à leurs despens en leurs maisons, lesquelles maisons seront closes par le bas, et n’y aura ouvert qu’un huys par lequel pourront entrer et yssir ceux qui voudront demourer es dictes maisons, lesquelz seront tenus porter verges blanches de la longueur d’une aulne de Paris pour le moins, et les porteront droites et apparentes, et chemineront par le milieu des rues et n’approcheront aulcunes personnes à leur povoir, mais les advertiront de eux destourner. »

 

Sources complémentaires : G 322, G 392, G 1019, G 1281, G 1282.

 

Bibliographie : Théophile Boutiot, Histoire de la Ville de Troyes et de la Champagne méridionale, 4 vol., Troyes, 1870-1875 ; Maurice Crubellier (dir.), Histoire de la Champagne, Toulouse, 1975.

 

 

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