Juin 1940. L'Aube dans la guerre

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Après les neuf long mois de la « Drôle de Guerre », c’est une population auboise fatiguée et surprise qui accueille la nouvelle de l’invasion allemande, le 10 mai 1940.

 

Malgré des combats acharnés, le front est rompu dès le 15 mai et la défaite ne cesse de prendre de l’ampleur. Le 10 juin, le gouvernement quitte Paris où les Allemands entrent le 14, avant d’atteindre la région de Bordeaux une semaine plus tard.

 

Dans l’Aube, traversé par les flux de réfugiés venus de l’est du pays dès le début de l’offensive, c’est bientôt au tour de la population locale de prendre la fuite vers le sud et de se mêler aux 8 à 10 millions de Français qui se retrouvent alors sur les routes de l’Exode. Les quelques clichés conservées sous les cotes ED 387 1 à 3 témoignent bien de cette fuite éperdue. Ces photographies de provenance inconnue – certaines sont simplement identifiées « photo Schultz » – ont été déposées en 1970 aux Archives départementales, sous la cote NA 10612.

 

Sur le plan militaire, de durs combats sont menés du 13 au 17 juin 1940, se traduisant par plusieurs centaines de victimes militaires et civiles. Des unités françaises sont ainsi décimées à Montsuzain, Saint-Nabord ou Jully-sur-Sarce afin de freiner la Wehrmacht. Pont-Sainte-Marie est bombardée dès le 13 juin. Le lendemain à 10h15 et à 12h00, c’est au tour de Troyes. Les dégâts sont importants, comme en témoignent entre autres les clichés conservés dans les sous-séries ED 387 et 37 Fi.

 

Le samedi 15 juin 1940, des éléments français, battant en retraite, sont accrochés par une avant-garde allemande. Il s’agit de troupes motorisées qui arrivent sur la route de Paris par la porte de Preize. Ces petits groupes tentent de couper la route des unités françaises qui fuient d’Arcis-sur-Aube. L’affrontement dure de 11 h00 à 16 h30 sur une ligne s’étendant des Ecrevolles à Saint-Parres-aux-Tertres et au Vouldy en passant par le canal du Labourat,  la route de Saint-Parres et les Charmilles. Progressivement, les troupes françaises évacuent.

 

Les quelques soldats français restés dans la ville se réfugient à l’Hôtel-Dieu-le-Comte et une fusillade s’engage jusqu’au moment où le directeur installe des croix rouges pour éviter les tirs.

 

Le dimanche 16 juin est calme. Le soir, des motocyclistes et des tanks allemands arrivent en grand nombre. Le 17 juin au matin, les Allemands prennent officiellement possession de la ville. Pour les Aubois et les Troyens commencent l’occupation et ses difficultés.

 

 

Bibliographie : La Vie en Champagne n° 63, juillet-septembre 2010, 64 p. [catalogue de l’exposition Topinambours et rutabagas. Vivre dans l’Aube sous l’Occupation des Archives départementales et de l’ONAC-VG de l’Aube], Arcelin Gérard, Leroux, Jean-François, Gagnere Yves, Juin 1940 en Champagne méridionale, Imprimerie Némont, Bar-sur-Aube, 1990, 319 p. ; Roche Michel,  L’Aube dans la guerre 1939-1945, Le Coteau, Horvath, 1985, 223 p.

 

 

Arcis Chaource Carmel de Troyes un bébé dans l'exode devant une ferme Dans les ruines