Troyes et ses faubourgs à la veille de la Révolution

Carte des environs de Troyes

         

 

L’ordre des Trinitaires, ou Mathurins, approuvé par Rome en 1198, a été fondé peu avant par Félix de Valois et Jean de Matha selon la règle des chanoines de saint Augustin avec pour mission originelle le rachat des captifs prisonniers en Orient dans le contexte des croisades.

La ministrerie de la Trinité de Troyes est établie par le comte Thibaud V (1253-1270) en avril 1260, à l’emplacement de l’ancien couvent des Cordeliers, à l’entrée du faubourg de Preize. Devant l’avancée des troupes d’Henri IV, la municipalité de Troyes, ralliée à la Ligue, fait détruire au printemps 1590 les bâtiments situés trop près des remparts. C’est le cas de ce couvent qui, d’abord transféré à l’intérieur de la cité, est installé en 1593 de nouveau hors les murs, au faubourg Saint-Jacques, à l’emplacement de l’ancien prieuré clunisien du même nom.

Ce plan en couleur daté de 1780 représente la cité troyenne à l’intérieur de son enceinte, dans ses contours du XIIIe siècle qui lui ont donné sa forme caractéristique de « bouchon de champagne ». Il est inséré à l’intérieur du premier volume du cartulaire du couvent des Trinitaires de Troyes réunissant l’analyse ou la transcription de plus de 800 titres de l’établissement, entre 1173 et 1788, qui permettent de prendre conscience de l’étendue de son temporel à la veille de la Révolution. Les articles du registre sont accompagnés de plusieurs plans en couleur et d’innombrables dessins coloriés de pièces de terres, de prés et de maisons. Sur ce plan, qui figure au niveau du sommaire de l’inventaire des titres pour servir de guide dans la localisation des biens, apparaissent les portes de la ville désignées par des numéros, les faubourgs, ainsi que les établissements religieux de Montier-la-Celle, des Chartreux et jusqu’à ceux de Montiéramey et d’Isle-Aumont.