Missel à l'usage de la collégiale saint Urbain de Troyes

10G817

 

En plein Brexit, le Département de l’Aube célèbre, en 2020, les 600 ans du Traité de Troyes entre la France et l’Angleterre. Scellé le 21 mai 1420, ce traité était censé mettre fin à la guerre de Cent Ans…

Nous vous présentons ces prochains mois, des objets présentés dans l'exposition :

 

Ce Missel s’ouvre sur un calendrier et se poursuit par diverses invocations et notations musicales écrites en latin sur deux colonnes. Il respecte les préceptes du chant grégorien.

Il est divisé en neuf psaumes qui marquent les temps forts des commémorations chrétiennes : premier dimanche de l’Avent, Nativité, Épiphanie, messe de la dédicace, recommandation pour l’Eucharistie, psaumes des fêtes de Pâques.

À l’intérieur de ces psaumes sont écrites les différentes prières et louanges nécessaires au célébrant, parfois agrémentées de partitions neumiques. Parmi les plus récurrentes se trouvent les Kyrie eleison, Alléluia, Pater Noster, Ave Maria et Gloria. Mais on y trouve les cantiques de cérémonies particulières comme le Ecce lignum crucis, chanté au début de la liturgie le vendredi Saint.

Des rubriques et des initiales bleues ou rouges identifient le début des prières. Les folios où commencent les psaumes sont particulièrement soignés puisqu’ils débutent tous par une initiale ornée colorée de bleu, rouge et rehaussée d’or. Ils sont également embellis de bordures végétales et florales bleues, rouges, beiges et vertes C’est dans ces marges que se trouvent les armoiries du commanditaire, le doyen du chapitre de Saint-Urbain Odard Hennequin (vairé d’or et d’azur, au chef de gueules chargé d’un lion passant d’or).

Le Missel est aussi orné de deux enluminures en pleine page disposées en miroir. La première, la Crucifixion, montre le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean. Le commanditaire, en habit ecclésiastique, est agenouillé devant saint Jean, le prie-Dieu à ses armes. La deuxième montre le Christ trônant en majesté, tenant dans sa main gauche l’orbe crucifère, accompagné d’anges protecteurs et du Tétramorphe.

À sa mort, en 1497, et selon la mention écrite au dernier folio du manuscrit, Odard Hennequin lègue ce somptueux manuscrit à la collégiale.

10G817 f28r 10G817 f197v