Le cirque municipal de Troyes

Plan de la façade postérieure du Cirque municipal (Non coté, ancienne cote : 4M592, 1902)

Bien avant son premier cirque permanent, la Ville de Troyes possédait uniquement des pistes provisoires. Celles-ci étaient installées dans des baraquements en bois montés au moment des Foires de Mars afin d’accueillir des représentations de spectacles équestres.

En 1859, une première réflexion concernant la possibilité de se doter d’un véritable bâtiment fixe est évoquée, sans aboutir, le Conseil municipal préférant déléguer la construction à des entrepreneurs extérieurs. Il faut attendre 1902 et l’incendie de deux cirques en bois, le premier dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1892 puis le second en 1901, pour que la Ville de Troyes entreprenne la construction d’un cirque municipal en brique avec écuries. Henri Schmit, architecte parisien, est désigné pour en réaliser le projet. Il propose un cirque sur quatre niveaux avec, notamment, un sous-sol accueillant la chaufferie et les urinoirs du personnel et un rez-de-chaussée dont l’entrée donne accès à un vestibule, aux guichets servant de billetterie ainsi qu’aux bureaux de la direction, des pompiers, de la police et du médecin. Plusieurs couloirs mènent aux écuries ainsi qu’à la piste équestre. Entourée par des gradins et une galerie-promenoir, celle-ci est aménagée pour recevoir également une scène avec un plancher et des décorations. Le rez-de-chaussée possède également une salle d’orchestre, des loges d’artistes et une salle pour les musiciens. Des points de restauration sont prévus avec la création d’un bar-buvette auquel est adjoint le Café du Cirque, donnant sur le boulevard Gambetta, et le buffet-glacier, ouvert sur la rue du Cirque (rue Louis Mony). Tout comme au rez-de-chaussée, le 1er étage est pourvu de vestiaires et de W.C., en plus d’abriter une laverie, des vomitoires et des urinoirs. Le 2ème et dernier étage est destiné, quant à lui, à recevoir une galerie, un débarras et une bibliothèque musicale. L’ensemble de l’établissement devant proposer un certain confort, une ventilation, un système de calorifères à vapeur basse pression et l’électricité sont intégrés à la structure. Ce chantier important, au coût estimatif de 425 382,33 francs, est définitivement terminé le 10 mars 1906.

Sa location, débutée dès 1905 avant même la fin des travaux, est attribuée à Monsieur Dauriac, directeur du Théâtre municipal (Théâtre de la Madeleine). Cette gestion conjointe aux deux bâtiments prend fin en 1908, l’exploitation du Cirque étant confiée successivement à divers administrateurs et sociétés de divertissement. Fermé pendant la Première Guerre mondiale, l’établissement n’ouvre ses portes qu’après 1918. L’après-guerre voit alors les goûts du public évoluer. Dès la fin des années 1920, l’engouement croissant pour le cinéma parlant éclipse les représentations équestres qui cèdent la place aux spectacles de music-hall et aux projections de films. Afin de répondre à cette nouvelle demande, des aménagements et des rénovations sont réalisés pour prendre en compte les innovations techniques. En 1966, la Ville de Troyes reprend la gestion du Cirque et décide de rénover une partie du bâtiment, notamment la toiture, les gradins et les commodités. Les travaux de mise aux normes s’accentuent en 1967, après que la direction du Cirque, devenu entre-temps un Palais des Congrès, ne soit de nouveau associée au Théâtre municipal.

C’est également à cette époque que les gradins sont remplacés et leur configuration changée. Celle-ci présente les sièges en demi-cercle, face à la nouvelle scène reculée au fond de la salle, faisant ainsi disparaitre son ancienne configuration de cirque. Les façades et la toiture sont par ailleurs protégées et inscrites sur la liste des Monuments historiques depuis le 29 octobre 1975. Le Cirque prend le nom de Théâtre de Champagne le 26 mai 1978. Celui-ci est géré depuis 2002 par La Maison du Boulanger.

 

Anne-Lise Drège

Mars 2022

 

Pour aller plus loin :

- Archives municipales de Troyes, sous-série 4 MT - Edifice à usage d’établissements enseignement, de science et d’art (1773-1965).

- Archives départementales de l’Aube, sous-série 3 J 1 - 477 - Plans et dossier d’attachement provenant de l’entreprise de travaux publics P. Vital, entreprise spécialisée dans la restauration des monuments historiques. 

- Ancien cirque municipal, Base Mérimée, Ministère français de la Culture, Notice n°PA00078252.

 

Plan de la façade latérale du Cirque municipal (1902) Plan de la façade principale du Cirque municipal (Non coté, ancienne cote : 4M592, 1902) Plan des gradins du Cirque municipal (Non coté, ancienne cote : 4M592, sans date) Cirque municipal, vue depuis le quai Dampierre (cote : 5 FiT 20, sans date)