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Maison Centrale de Clairvaux
Maison Centrale de Clairvaux
- Cote
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- Date
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- Description physique
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- 2,40 m.l.
- Nom du producteur (origination)
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- <corpname normal="Maison Centrale de Clairvaux">Maison Centrale de Clairvaux</corpname>
Histoire administrative
<p>Devenue bien national, l’abbaye de Clairvaux est adjugée le 10 février 1792 à Pierre Cauzon, architecte de Bar-sur-Aube, pour la somme de 160 500 francs. Une papeterie est installée dans le bâtiment des fours et des moulins tandis que l’abbatiale est transformée en verrerie. Le 24 septembre 1799, Pierre Rousseau rachète l’ensemble des bâtiments et maintient l’activité industrielle.</p>
<p>Dès le premier Code pénal d’octobre 1791, la prison, envisagée comme lieu de peine et de rachat, devient un point central du système pénal. Sa mise en œuvre se heurte cependant à l’absence de bâtiments adaptés, qui ne sera comblée qu’à partir du Directoire, notamment pour les maisons d’arrêt. Héritier de cette réflexion, Bonaparte entame dès 1801 une réorganisation administrative et judiciaire, et crée des structures nouvelles, les futures « maisons centrales ». Les premières sont établies à partir de 1804. 1808 voit la promulgation du Code d’instruction criminelle, qui organise le système des prisons, maisons d’arrêt et de justice, puis du décret du 16 juin, qui crée une maison centrale de détention par « arrondissement », pour la réunion des condamnés par les tribunaux criminels et de police correctionnelle. Les bâtiments des anciennes congrégations, clos de murs, souvent isolés, et considérés comme facilement aménageables (Fontevraud, Auberive, Le Mont-Saint-Michel, etc.), sont réquisitionnés. Dans l’Est, le site de Clairvaux s’impose rapidement. Le 16 juin 1808, Napoléon Ier décrète le rachat de l’ancienne abbaye pour la somme de 350 000 francs. Le décret précise que les bâtiments recevront une double affectation : maison centrale de détention pour les condamnés par les tribunaux criminels de neuf départements (Ardennes, Aube, Côte-d’Or, Marne, Haute-Marne, Meuse, Nièvre, Saône-et-Loire, Yonne) ainsi que, dans des espaces séparés, pour les condamnés par voie de police correctionnelle à des peines de plus d’un an, et dépôt de mendicité pour les vagabonds et mendiants arrêtés dans l’Aube.</p>
<p>Les premiers détenus, des insoumis de la Grande Armée, arrivent en 1813. Dès 1819, on compte 1456 détenus (sur 9392 en France). En 1858 : 1650 hommes, 489 femmes et 555 enfants, soit près de 2700 condamnés. Le bâtiment des convers devient prison de femmes puis manufactures (notamment de textile), les entrepreneurs locaux utilisant la main-d'œuvre carcérale ; le grand cloître est voué à la détention masculine.</p>
<p>Rapidement, les conditions de détention à Clairvaux sont terribles du fait du manque d’hygiène généralisé et d’une nourriture avariée. De nombreux prisonniers y meurent de faim et de froid. En 1847, un scandale éclate lorsque l’on découvre le décès à Clairvaux de 700 détenus au cours des trente derniers mois. Ces conditions sont propices aux révoltes et mutineries, comme dans l’affaire Claude Gueux qui inspire Victor Hugo pour son réquisitoire contre la peine de mort (1834). Une réflexion sur les conditions de détention aboutit à la réforme pénale de 1875 et la création de « cages à poules » permettant à la population carcérale de vivre dans un espace individuel. Ces « cages à poules » resteront en usage jusqu’en 1970.</p>
<p>Avec la Commune de Paris, Clairvaux accueille ses premiers prisonniers politiques et notamment Blanqui, de 1871 à 1879. Après les mutineries de 1917, Clairvaux reçoit quelques condamnés du Tribunal militaire. Après la Grande guerre, André Marty, futur député communiste, purge à Clairvaux cinquante-deux mois (1919-1923) de sa condamnation à vingt ans de travaux forcés pour mutinerie (cote 148 Y 72).</p>
<p>Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands et le régime de Vichy organisent un double système pénitentiaire. Vingt-et-un détenus résistants sont fusillés dans une carrière proche de l’abbaye. À la Libération, collaborateurs et condamnés de l’épuration sont incarcérés à Clairvaux (anciens ministres de Vichy, miliciens de la division Charlemagne, amiraux responsables du sabordage de la flotte à Toulon). Charles Maurras séjourne dans le Petit Cloître de 1947 à 1951. Pendant les guerres de décolonisation, Clairvaux accueille des responsables algériens du FLN et trois des quatre généraux du putsch d’Alger.</p>
<p>En 1971, l’administration pénitentiaire quitte les anciens bâtiments monastiques pour ceux de la nouvelle centrale qui regroupe les cellules individuelles et les ateliers de production de chaussures où travaillent les détenus.</p>
<p>En 2015, la maison centrale de Clairvaux accueille 145 détenus.</p>
Présentation du contenu
<p>Ce versement concerne la période 1844-1939 et complète les autres fonds de la série Y relatifs à Clairvaux. Outre le fonctionnement de la Maison centrale (entretien des bâtiments, personnels, fonctionnement des ateliers, incidents), le fonds conserve de nombreux dossiers de détenus des années 1844 à 1936.</p>
<p>En raison des mauvaises conditions de conservation des archives dans les locaux de la Maison centrale, un certain nombre de dossiers de détenus ont été détruits ou sont en mauvais état.</p>
- Condition d'accès (accessrestrict)
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- <p>La loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 relative à la liberté d'accès aux documents administratifs précise et garantit le droit de toute personne à l'information. À ce titre, certains documents sont communicables immédiatement.</p> <p>Le législateur définit des « secrets absolus » (art. 6). Dans ce cas, les documents administratifs dont la consultation porterait atteinte à l’un des secrets protégés par la loi ne sont pas communicables au sens de la loi du 17 juillet 1978. Ils sont communicables au terme des délais et dans les conditions fixées par la loi sur les archives du 15 juillet 2008, reprise dans le livre II du Code du patrimoine (art. L 213-2).</p> <p>Il définit également des « secrets relatifs » (article 6). Dans ce cas, seule la personne directement concernée par les documents peut les consulter. Dans tous les autres cas, l’accès à ces documents se fait sur le fondement de la loi du 15 juillet 2008.</p> <p>Les archives publiques sont communicables de plein droit (art. L. 213-1 du Code du Patrimoine). Cependant, des délais spéciaux - suivant le contenu du document - de 25, 50, 75 ou 100 ans à compter de la date du document, de 25 ans à compter de la date de décès de la personne ou de 120 ans à compter de la date de naissance de la personne sont prévus par l'article L. 213-2 du Code du Patrimoine. Par convention, la libre communicabilité est fixée au 1er janvier de l'année qui suit.</p> <p>Pour toute consultation de document avant l'expiration des délais légaux, il vous est possible de déposer une demande de dérogation auprès du directeur des Archives départementales. Le président de salle de lecture est à votre disposition pour tout renseignement.</p> <p>En vertu de la loi sur les archives du 15 juillet 2008, reprise dans le Code du patrimoine (art. L 213-2), ce versement est communicable immédiatement.</p>
Bibliographie
<bibref>BAUDIN (Arnaud), DOHRMANN (Nicolas) et VEYSSIÈRE (Laurent), dir., Clairvaux. L’aventure cistercienne. Catalogue d’exposition (Troyes, 5 juin-15 novembre 2015), Paris, 2015, cat. 120, 121a, 121b et 122</bibref>
<bibref>BIANCHI (Virginie) et LEROUX-DHUYS (Jean-François), Clairvaux. État des lieux, Langres, 2011</bibref>
<bibref>FEY (Dominique) et HERBELOT (Lydie), Clairvaux, Vies emmurées au XIXe siècle, TheBookEdition, 2013</bibref>
<bibref>LEROUX-DHUYS (Jean-François), « Clairvaux : de l'abbaye de saint Bernard à la prison des longues peines », dans Actes du premier mois médiéval. Centre d'Études médiévales de la Région Champagne-Ardenne, La Vie en Champagne, n°8, octobre-décembre 1996, p. 41-52</bibref>
<bibref>VILAIN (Gilles), L'abbaye de Clairvaux, Langres, 2003 (coll. « Itinéraires du Patrimoine », n° 268)</bibref>
- Modalités d'entrée (acqinfo)
- <p>Versements n°56096, 56129, 56187, 56321, 56367, 56378, 57151 des 14/05/2009, 23/06/2009, 06/10/2009, 15/03/2009, 01/06/2010, 29/06/2010, 15/05/2013</p>
- Langue et écriture des documents (repository)
- Direction des Archives et du Patrimoine de l'Aube
Sources complémentaires
<head>Sources complémentaires aux Archives départementales de l’Aube</head><p>1 Y à 51 Y, 140 Y, 154 Y 2 : Maison centrale de Clairvaux (1790-1940)</p><p>1360 W 1-1338 : Maison centrale de Clairvaux (1879-2007)</p><p>114 à 123 Y : Maison d’arrêt de Troyes (1800-1914)</p><p>1596 W 1-94 : Sous-préfecture de Bar-sur-Aube (1941-1993). Les cotes 1596 W 64 à 94 concernent le fonctionnement de la Maison centrale entre 1942 et 1993.</p>