Georges Jacques Danton

Contrat d'échange de terres sur le finage d'Arcis-sur-Aube

Acte de baptême de Georges Jacques Danton
Acte de baptême de Georges Jacques Danton (cote 4E 6 5)

La sous-série 1 J – Petits fonds entrés par voie extraordinaire se compose de documents d’archives entrés principalement par dons, dépôts ou achats. C’est le cas du document présenté ci-dessous, qui fut acquis lors d’une vente aux enchères du 17 avril 2025 et porte la signature de Georges Jacques Danton.

Georges Jacques Danton est né à Arcis-sur-Aube le 26 octobre 1759 et son acte de baptême est conservé aux Archives départementales de l’Aube sous la cote 4 E 6/5. Fils de Jacques Danton (1727-1762), qui appartenait à la petite bourgeoisie de robe après avoir acheté tout d’abord une charge d’huissier en 1750 puis une charge de procureur au bailliage d’Arcis, et de Marie-Madeleine Camut, fille d’un entrepreneur des Ponts et Chaussées.

Georges Jacques Danton se destinera assez jeune à une carrière dans le droit. Entré au séminaire des Lazaristes à Troyes à l’âge de 13 ans, il suit également les cours de l’Oratoire de la ville, jusqu’en 1775. Il entame une carrière de juriste à Paris, puis d’avocat après avoir passé sa licence de droit au barreau de Reims. Danton épousera en premières noces Antoinette-Gabrielle Charpentier en 1787, peu de temps après avoir acheté la charge d’avocat aux Conseils du Roi. Il revendra cette même charge au cours de l’année 1791 pour se consacrer à sa carrière politique et à son activité de révolutionnaire, notamment lors des assemblées du district des Cordeliers, où il réside, et qui est l’une des soixante divisions administratives parisiennes du Tiers Etat, créées en avril 1789.

Sa carrière et sa notoriété prendront leur essor lorsqu’il deviendra second substitut du procureur de la Commune, puis député à la Convention Nationale de 1792 jusqu’à sa mort, Convention dont il sera brièvement le président, du 25 juillet au 8 août 1793. Sa brève carrière politique le voit également ministre de la Justice (du 10 août au 9 octobre 1792) et enfin membre du Comité du salut public, du 6 avril au 10 juillet 1793. 

Cependant, lors de son activité en tant que député de Paris à la Convention Nationale, il se heurtera à la défiance croissante de Robespierre et à la lutte intense des factions révolutionnaires, notamment à cause de sa position jugée trop indulgente envers ceux considérés comme des ennemis de la toute jeune République et des accusations de corruption à son encontre.

 

Lorsque le climat politique devenait trop délétère à Paris, Danton se retirait dans la maison qu’il avait fait bâtir à Arcis-sur-Aube, maison qui sera détruite par les bombardements de juin 1940 ; ses allers et retours entre la capitale et son domaine d’Arcis-sur-Aube furent assez fréquents.

C’est ainsi que du 13 septembre au 22 novembre 1793, Danton se met temporairement en retrait de la vie politique, tout d’abord à Sèvres, chez sa belle-famille, puis à Arcis-sur-Aube, dans ses terres natales, voyage pour lequel il aura auparavant demandé la permission à la Convention Nationale, arguant qu’il était nécessaire à sa convalescence.

En 1793, Arcis-sur-Aube est une bourgade de 2800 habitants environ, chef-lieu d’un bailliage de Champagne, et dépendant de la Généralité de Châlons-sur-Marne, de l’élection et du bailliage de Troyes.

Acte manuscrit relatif à un échange de terrains boisés dans la commune d'Arcis, estimés à 400 livres, contrat conclu entre Charles Simon, marchand fabricant de bois et Georges Jacques Danton, représentant du Peuple, demeurant ordinairement à Paris, daté du 28 Brumaire an II (18 novembre 1793).

Ce contrat d’échange*, daté du 28 brumaire de l’an II (18 novembre 1793), témoigne de l’intérêt de Danton pour ses terres situées en Champagne, pour lesquelles il continuait d’administrer les biens : en ce qui concerne la famille Danton, la maison bourgeoise, la terre et les environs de la propriété étaient estimés à 12000 livres. Danton aura fait d’autres acquisitions lors de ce séjour, les 14, 17, 21, et 27 Brumaire de l’an II afin d’agrandir sa propriété en l’agrémentant de nouvelles parcelles.

Cet acte ici présenté est relatif à un échange de terrains boisés dans la commune d’Arcis-sur-Aube, estimés à 400 livres, passé avec Charles Simon marchand fabricant de bois.

Transcription

Nous soussignés Charles Simon
Md fabriquant de bois demeurant a arcis
sur aube d’une part
Et Georges Jacques Danton représentant
du peuple demeurant ordinairement à
Paris et de présence à Arcis d’autre part.
Reconnoissons avoir fait l’échange
qui suit, savoir
Que moi dit Simon donne par pur
vrai et loyal échange audit Danton
Une denrée vingt trois carreaux ou environ
de bois sise et située finage d’Arcis
lieu dit Cayette, tenant du levant, du
midy et du septentrion audit Danton en
du couchant au fossé Pleuvard la dite
pièce telle quelle se consiste et comprise / Vingt un carreaux ou environ
Et moi dit Danton donne en
Contre léchange audit Simon la quantité
De cinq denrées de bois taillés situés
Même finage d’Arcis biens prés et tenant
A l’enclos des heritiers feu Jean Camut
Tenant du levand a Jacques Seurat,
héritier dudit Camut, du midy au fossé
Pleuvard du couchand a Louis Soinoury
Et du septentrion aux terrains de la
Commune d’Arcis. La dite pièce ainsy
quelle se consiste et comporte.
Lesdits échange et contre lechange
Ainsy fait sans aucune soulte n’y
Rapport de part et d’autre pour
Par nous de Simon et Danton au jouir
Et disposer comme de chose a nous
Appartenant et ce sous la garentie
Respective de l’un et de l‘autre les dits
Heritages estimé chacun la somme de
Quatre cent livres.
Fait double entre nous a Arcis
Sur Aube le vingt huit brumaire
L’an second de la République une et
Indivisible.

Simon Danton

Cet acte est probablement le dernier qui fut composé et signé par Danton avant son retour définitif à Paris qui eut lieu entre le 20 et le 22 novembre 1793. Peu de temps avant, ses ennemis politiques, avec Robespierre à leur tête, décident de supprimer les différentes factions qui agitent la Convention Nationale, en particulier les Indulgents, et accusé de complot et de corruption, Georges Jacques Danton est arrêté le 30 mars et emprisonné. Condamné à mort, il est guillotiné le 5 avril 1794, à l’âge de 34 ans.

Sarah Schmitt

Août 2026

Note de bas de page

*Un contrat d’échange est un acte par lequel les parties se donnent respectivement une chose pour une autre ; il peut intervenir dans le règlement des successions entre des cohéritiers qui évitent le partage des biens. C’est un contrat consensuel, c’est-à-dire qu’il se forme par la simple volonté des parties qui ont chacune une obligation envers l’autre.

Un tel contrat donne des informations sur les biens ou les parcelles échangées, et est une source utile pour la généalogie.

Pavé technique

Cote : 1 J 1900

Date : 28 brumaire an II (18 novembre 1793).

Analyse : Acte relatif à un échange de terrains boisés dans la commune d'Arcis, estimés à 400 livres, contrat conclu entre Charles Simon, marchand fabricant de bois et Georges Jacques Danton, représentant du Peuple, demeurant ordinairement à Paris, daté du 28 Brumaire an II (18 novembre 1793).

Support / dimensions : papier, 24,4, x 19,1 cm

Pour aller plus loin

81 J – Fonds de la famille Danton.

1 J 1842  Famille Danton. - Correspondance, recherches généalogiques : transcriptions d'actes, lettres (7 avril 1977 - 10 mai 1977). Bailliage : actes notariés, oppositions, quittances ; transcription (1630-[1863]).

1 J 1729   Arcis-sur-Aube : plan du bourg.

 

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